Triptyque de Téno



Triptyque
Nue de face, hébétée d’être soi, de s’être vue nue. Traversée d’influx de flammes,
d’idéogrammes. Stupeur et l’écriture du sentiment.
Le deuxième volet l’a vêtue, un dragon en écharpe négligemment jetée lui exclame le cou.
Interroge peut-être. Plutôt bienveillant que dévorateur. Elle, désarmée et plus nue d’être vêtue. Détresse au vent d’un questionnement fugitif. Le regard de pommettes hautes ne lâche pas l’instant. Le regard et les mains crient.
Troisième volet, fermeture. Elle s’est retournée, hermétique à nouveau d’être nue. Seul un profil buté. Une aile en crêtes de coq, en buisson d’écrevisses lui échancre le cou, tatouage d’écailles, flagelles de paon.
La queue d’idéogramme de l’interrogation vive efface sa couleur.
Christophe Stolowicki



